du mardi au vendredi à 20H30 / Salle du Chapitre
du 27 au 30 avril 2010
Théâtre des Halles - direction Alain Timar
Un roman...
Au tournant du millénaire, la dislocation d'une famille ordinaire dans la débâcle de l'humanisme occidental...
Pour les deux enfants qu'ils ont faits, pour eux-mêmes peut-être, Flore et Joël rêvent encore, en ce début de millénaire, de lendemains qui chantent. Mais on dirait que partout, sur les écrans, ne s'agitent plus que les pantins d'une société sous perfusion, droguée au virtuel, repue d'illusions informatives. Eux sont vivants. Dans le béton de leur banlieue, dans les rues de la ville, ils se cherchent, s'empoignent, s'aiment et puis s'oublient. Ils n'entendent pas la voix off qui, comme un contrepoint à leur aventure, fait entendre la sombre litanie des désastres accumulés par le siècle. De l'exaltation de la vie des simples mortels que nous sommes à la prophétie de son anéantissement annoncé, Philippe de la Genardière dresse ici, dans ses convulsions comme dans ses éblouissements, un somptueux tableau primitif de notre postmodernité.
Une opinion...
C'est une histoire passionnante. Forcément, c'est la nôtre. Celle que nous avons vécue lors de la grosse décennie qui vient de s'écouler. De la chute du mur de Berlin à l'effondrement des tours jumelles de New York. Du début de la post-modernité, donc, à ce 11 septembre 2001, dont l'onde de choc n'en finit pas de se propager. Philippe de la Genardière entreprend de raconter notre époque et ses violentes mutations. Il en mesure les conséquences sur nos destins, montre que le chaos de nos vies est parfois lié à celui du monde, que nos détresses les plus intimes sont partagées par tous... Télérama - Luc Desbenoit
Autour d'une rencontre...
C'est toujours avec la voix que j'ai écrit, plus qu'avec le sens, qui venait avec. Toujours j'ai cherché le son que faisaient les mots dans l'oreille, et celui de la langue quand on la retourne. Et bien sûr, je me suis souvent dit que je devrais aller vers le théâtre et tenter de porter le texte sur la scène. Plus exactement de le confier à une voix qui ne serait plus seulement mentale mais à celle multiple, de comédiens qui le mettraient en bouche et donneraient à entendre son souffle. Je n'ai pas franchi le cap et n'ai pas écrit de pièce de théâtre. Mais quand Alain Timar m'a proposé d'adapter « Simples mortels », un roman dont l'intéressait précisément la vocalité, alors j'ai su que j'allais connaître cette expérience par son intermédiaire et que sa lecture scénique du livre allait m'enrichir. Et sans doute aussi enrichir le texte. Philippe de la Genardière
Les premières phrases...
Tout pourrait commencer ainsi, dans la banalité des temps modernes. Ce serait au crépuscule, à l'heure où les étourneaux entament leur vive et bruyante ronde sous les ciels bas de novembre, ce pourrait être à Gênes ou à Vienne, dans une grande maison comme on les connaissait au début du siècle, ou dans un trois pièces serré dans son bloc, entre mille, et comme il en existe à foison parmi les multitudes d'agglomérations qui prolifèrent et lestent l'univers, et pourquoi pas au bord d'un périphérique, sud, dans un Berlin nouveau, ou à Tokyo, tout juste au-dessus d'une salle de jeux vidéo, ou même au Caire, dans les odeurs mêlées de crottin d'âne et de méthane, et dans un tourbillon de pauvreté, ce pourrait être en mille endroits de la planète, à Séoul, à Istambul, mais après le crépuscule, sitôt rentré chez vous, dans la maison ou le trois pièces serré dans son bloc, et sans même avoir pris la peine de dévisager vos proches pour observer dans leurs yeux les paysages intimes qui glissaient eux-aussi tout doucement dans les ombres du soir, vous avez saisi au vol la télécommande de votre poste TV...
Un parcours...
Philippe de la Genardière est né en 1949 à Salon-de-Provence. Après un séjour en Iran comme lecteur de français (1974-1976), il commence à travailler dans l'édition et collabore à diverses revues (Digraphe, La Quinzaine littéraire). Il est pensionnaire de la Villa Médicis de 1984 à 1986.
Il a publié Battue (Flammarion, 1979), La Nuit de l'encrier (Flammarion, 1981), Naître (Flammarion, 1983), Le Roman de la communauté (Flammarion, 1987), Scène primitive (Payot, 1989), Legs (Stock, 1991), Morbidezza (Actes Sud, 1994), Gazo (Actes Sud, 1996), Le Tombeau de Samson (Actes Sud, 1998) et Simples mortels (Actes Sud, 2003). Il est également l'auteur de textes sur l'art.
Il travaille aujourd'hui au Canard enchaîné, où il signe des critiques littéraires sous le nom d'Igor Capel.
L'Année de l'éclipse, son dixième roman est paru, à la rentrée littéraire 2008 chez Sabine Wespieser éditeur.
Alain Timar a rencontré l'écrivain et découvert son œuvre à l'occasion du Printemps du Livre de Cassis. L'oeuvre de Philippe de la Genardière existe d'une manière originale, singulière et n'a jamais sombré dans la complaisance d'une mode quelconque. Il avance en solitaire avec une rigueur qu'il faut saluer aujourd'hui avec force.
Bibliographie :
L'année de l'éclipse (Sabine Wespieser, 2008) Simples mortels (Actes Sud, 2003 - Babel, 2006) Le tombeau de Samson (Actes Sud, 1998) Gazo (Actes, Sud, 1996) Morbidezza (Actes Sud, 1994 - Babel,2003) Legs (Stock, 1991 - Babel, 1996) Scène primitive (Payot,1989) Le Roman de la communauté (Flammarion, 1987) Naître (Flammarion, 1983) La nuit de l'encrier (Flammarion,1981) Battue (Flammarion, 1979) Médaillons pour Salins (Éditions del'Imprimeur,2001) La peinture de l'amour (Hazan, 1996) Azay ou le corps perdu, photos de S. Stanojevic (CNMHS, 1994) Un nommé Bleuet, sculpteur. Digraphe n° 60 (Mercure de France, 1992)
Création 2010
Mise en scène, scénographie, adaptation : Alain Timar
Avec Paul Camus, Yaël Elhadad, Nicolas Gény, Roland Pichaud, Claire Ruppli
Régie générale, lumière, son Hugues LeChevrel
Réalisation du décor Jérôme Mathieu assisté de hafid Benchorf, Renaud Eymony, Delphine Crevon
Costumes Rahamata Madjoine Dafine Maoulida
Maquillage Edith Arnaud
Administration générale Laurette Paume
Relations publiques Sophie Redon
Assistant Arnaud Latard
Chargé de développement Philippe Salord
Editons Actes Sud
Production, Théâtre des Halles, avec l'aide du Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC PACA), du Conseil Régional PACA, du Conseil Général de Vaucluse, de la Ville d'Avignon et de l'ADAMI
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