d’Alfred Jarry
Cie Alain Timar
de Darina Al Joundi et de Mohamed Kacimi
Cie Noun & Théâtre des Halles
Samuel Beckett
Création en langue tagalog - Représentations à Manille
Avec Paolo O'Hara, Edralin D. Cabrera, Paolo Villa Gracia Rodriguez, Cris Faustine Perez Pasturan
Jean Genet
Avec Marcelle Basso, Odile Grosset-Grange, Lisa Pajon
de Eugène Ionesco
En version américaine
Washington, Etats-Unis
Samuel Beckett
Yves Reynaud
Avec Paul Camus
Mohamed Kacimi
Coproduction :
Théâtre des Halles - dir. Alain Timar - Avignon - France / Clarence Brown Theatre - dir. Blake Robison - Knoxville - Etats-Unis
Avec David Barlow, Hanane Belhouari, Bonnie Gould, Dido Lykoudis, Ning Chunyan, Kola Ogundiran, Macha Pétina, Roland Pichaud, Juan Salvati, Tulika Srivastava, Giovanni Vitello, Zohar Wexler
Albert Cohen
Avec Paul Camus et Stéfano Fogher
Coproduction Racines des Nuages
"Je poursuis mon investigation de l'œuvre d'Albert Cohen. Après la mise en scène de Oh vous, frères humains, j'aborde aujourd'hui Le livre de ma mère, paru pour la première fois en 1954. 'Je l'ai écrit pour ma femme qui n'a pas connu mon admirable mère et à qui je voulais la faire connaître pour que nous l'aimions ensemble' nous confie l'écrivain. Cette parole, qui confine au mythe, empreinte de gravité, de tragique, mais aussi d'ironie et même de comique, je voudrais la partager au théâtre, avec vous". A. T.
Valère Novarina
(Création programmée en partenariat avec le Festival d'Avignon)
Avec Paul Camus
"…L'acteur apparaît pour que je me ressouvienne un instant, d'un trait, que le monde est fabriqué de mon limon et de mon verbe parlé. Tu comprends ça spectateur ? Tu comprends ça ? Que tu as tout fait. Et que la plupart des hommes meurent sans savoir que c'est eux qui ont tout fiat ce qu'ils ont vu. Comme dit Jean ; "L'être et la pensée ne font qu'un." Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est le début d'un langage pour les oiseaux…"
Les chaises
(Création programmée en partenariat avec le Festival d'Avignon)
Avec Lisa Pajon et Nicolas Senty
Farce métaphysique pour un jeune homme et une jeune fille à la dérive.
"Lui 20 ans, elle 20 ans aussi : ils auraient pu s'aimer d'un amour tendre et aveugle, mais la fureur couve en eux. Désoeuvrés, désenchantés par une époque et des adultes en proie à la barbarie, ils savent déjà qu'il ne reste plus grand-chose de l'autre côté de la oute, de la mer, plus grand-chose de l'autre côté de leurs rêves. Ils ont en eux la révolte violente, sauvage, indomptable, subversive, ironique, caustique contre une fausse humanité, la volonté d'oublier le passé, se moquer de l'avenir et ne vivre que l'instant présent : deux laissés pour compte en équilibre instable et qui désirent au fond tout recommencer." A.T.
Gao Xingjian
(Création programmée en partenariat avec le Festival d'Avignon)
Coproduction Théâtre des Halles - Compagnie Alain Timar / OARA (Office Artistique de la Région Aquitaine)
Avec le soutien de l'ADAMI, de Beaumarchais
Avec Myriam Delclos, Karine Flavigny, Philippe Goudard, Evelyne Istria
"Est-ce une histoire ? Une romance ou bien une fable ? Une comédie ou une leçon de morale ? Une prose poétique ou une prose prosaïque ? En tout cas pas une chanson ! Ou est-ce une devinette dont toutes les réponses sont toutes à la fois correctes et fausses ? Ou une image de cauchemar ? Ou tout simplement une illusion sans raison?"
Franz Kafka
adaptation D. Zane Mairowitz
(Création programmée en partenariat avec le Festival d'Avignon)
Avec Marcelle Basso, Marie Bos, Paul Camus, Camille Carraz, Sandor Keresztes, Pierre Alanic-Lewi, Ivo Palec, Jérôme Rigaut, Candy Saulnier, Régis Verdier
Le public et les acteurs sont convoqués pour mener l'enquête et tirer au clair l'affaire "Joseph K", cet homme sans qualités particulières et qui somme toute eut préféré qu'on le laissât travailler et vivre en paix.
Les témoins et participants doivent jouer à… faire comme si… établir des hypothèses afin de dénouer l'intrigue, reconstituer le puzzle, mettre à jour le dessous des cartes, essayer d'en savoir plus sur le comment, le pourquoi de l'arrestation et de l'exécution. Que s'est-il passé au juste ? Cette application, cette ténacité, cet empressement qui les occupent, cette volonté à vouloir maîtriser la situation dans une quête et un jeu sans fin, attestent d'une témérité douteuse, d'une vitalité suspecte. Car ici le vrai cache le faux, le faux dévoile le coin d'une autre vérité, la simulation le dispute au vraisemblable et le kaléidoscope de la vie réfléchit à l'infini le noir et le blanc, le vide et le plein, le dedans et le dehors, l'intérieur et l'extérieur, l'enfermement et la liberté toujours possibles. Ces contradictions, ces ambiguïtés, le monde paradoxal dans lequel évoluent Joseph K et ses acolytes nous immergent dans un univers d'un comique terrifiant, tragiquement burlesque. Buster Keaton (encore lui) n'est pas loin. "Le procès" traduit "un humour d'une noirceur sans doute accablante" note Bernard Lortholary, "mais qui n'en participe pas moins du cocasse, du grotesque, du burlesque." Mieux vaut en rire semble confier Joseph K, et si vous le souhaitez, je vous accompagne.
Alain Timar
Jean Genet
Avec Jean-Claude Jay et Stéphane Drouard
Un espace vide. Un long fil d'acier tendu le traverse à mi-hauteur… Deux êtres à vivre sont là devant moi : le funambule sur son fil et Jean au sol. Jean parle au funambule et lui adresse ses conseils pour évoluer sur le fil. "Tu entres et tu es seul", les dés sont jetés : le public est admis pour mieux montrer au funambule sa "solitude mortelle" et à Jean son "irréductible singularité".
Dans sa vie quotidienne, le funambule n traverse que grisaille et hébétude. Il n'existe vraiment que pour et sur le fil. Cet homme d'exception qui marche et qui danse entre la terre et le ciel, est-ce un monstre ou est-ce un ange ?
Il ne me divertit pas, il me fascine, comme me fascine la projection des images de Jean vers le funambule. Que ce funambule devienne légende ! Je vois l'artiste qui s'avance, qui va, mais vers quoi ? Un pied sur le fil, un pied dans le vide, et la tête dans les étoîles.
Ultime confusion du "je" qui est un autre. Quête ineffable qui me fait penser à cette sculpture de Giacometti "L'homme qui chavire", à l'extrême limite et qui pousse encore plus loin les frontières du possible.
Alain Timar
Gao Xingjian
Avec Marcelle Basso, Paul Camus, Sandor Keresztes, Ivo Palec, Alexandre Villeneuve
Un train qui roule dans la nuit, un compartiment occupé par des voyageurs, un contrôleur qu vérifie les billets : quoi de plus normal et pourtant... Un homme s'endort, plonge dans ses rêves et tout bascule. Son véritable voyage peut commencer. Ainsi s'établit l'argument de la pièce.
Il se voit marchant dans la rue, sans but précis mais sans souci et sans angoisse : un homme heureux en quelque sorte! Chemin faisant, il heurte un viel homme (un sans-abri semble-t-il) qui, pas content du tout d'être ainsi dérangé, lui demande : "Qui es-tu ?". A cette question simplement compliquée, le somnambule est sommé de répondre, lui qui ne demande qu'à passer inaperçu et se fondre dans la masse. Les personnages qu'il rencontre dans son rêve, donc qu'il s'invente (le sans-abri, la femme, le mec, le noctambule, l'homme sans visage), mênent l'enquête tambour battant pour essayer de démêler les fils et découvrir la vérité. Qui se cache derrière cet homme apparemment ordinaire ?
La question "Qui es-tu ?" posée au somnambule va donc l'entraîner dans une avanture quasi rocambolesque aux périties burlesques, lui qui veut ne rien voir, ne rien faire, ne pas répondre. Il ne peut se targuer d'activisme et se retrouve pris dans une intrigue fictive qu'il a lui-même provoquée... Les personnages qu'il a convoqués, fictifs eux aussi, le scrutent, l'auscultent avec acuité, lucidité et causticité.
Incapable de juger, sans conscience du bien ou du mal, le somnambule rêve et s'observe pour essayer peut-être de vivre et se comprendre. La quête restera vaine. Tragique histoire certes, mais pas du tout absurde car tellement empreinte de réalité ! La dérision et l'humour de l'action et du jeu des comédiens en découlent.
Il y a dans le somnambule tout à la fois du Zeno, du Joseph K et du Buster Keaton*.
Alain Timar
*Zeno dans "La conscience de Zeno" d'Italo Svevo, Joseph K dans "Le procès" de Franz Kafka, Buster Keaton dans "Film" sur un scénario de Samuel Beckett (film réalisé par Alain Schneider)
Patrick Chamoiseau
(adaptation D. Paume)
Avec Gilbert Laumord, Aristide Legrand
Un homme vient de faire un mauvais coup. Poursuivi par la police, il pousse au hasard de sa course la porte... d'un théâtre. Là répète un acteur-conteur : ce "maître de la parole" est antillais et porte en lui son Pays-Martinique. Il entrepend, à travers son histoire et son identité, de réveiller la conscience de ce "blanc" en cavale que le hasard lui envoie. De cette confrontation insolite naîtra une amitié.
Ces deux êtres habités par leurs rêves et leurs frustations vont apprendre à se connaître malgré des parcours si différents ! Bien sûr, cela n'ira pas sans mal, mais ils finiront par se reconnaître à travers ce hurlement qui est en eux, ce tumulte de vie, ces joies, ces malheurs, à travers l'état de ceux qui vivent en pays dominé, à travers enfin cette volonté de se projeter vers le total-monde, de se fondre dans sa diversalité, de retrouver une utopie, un lieu à investir, à vivre : leurs gestes, carrefour des origines et des influences, leurs paroles pleines du mot vulgaire, du mot précieux, du mot oublié, du mot nouveau trahissant à chaque instant cette fièvre.
Alain Timar
Albert Cohen
(adaptation D. Paume)
Avec Fouad Dekkiche, Ivo Palec, Dominique Parent
Ni plaidoyer, ni manifeste, ni acte militant pour ce trio facétieux et cosmopolite, encore moins de morale : seulement l'urgence à dénicher un morceau de bonheur, l'insistance à dire, l'acharnement à être, dans une constante jubilation de jeu.
La gravité du propos ne peut empêcher ni l'omniprésence de l'énergie ni la rassénérante distance qui permettent l'humour, l'ironie, le rire et la satire féroce d'un monde englué dans l'illusoire amour du prochain. De cette humaine rencontre, de cette humaine condition sans apitoiement, sans lamentation, je retiendrai le rayonnement des visages, le pétillement des yeux, le sourire au coin des lèvres, le scintillement et le jaillissement têtus de la vie. A. T.
Sony Labou Tansi
Mise en scène, scénographie : Alain Timar
Assistant à la mise en scène : Maurice Dibingué
Entraînement corporel, chants : Irène Goli N'guessan
Avec : Jo Fidel Baha, Clément Bakoui, Nicolas Bissi, Mary Branth, Oujoh Dahier Kunta, Jonas Labou, Diomandé Loua, Victor Louya, Stanislas Matingou, Béatice Prégnon Djédja, Zékoua Séraphin
Au pied du grand mambarinier, Charlotte et Colette pleurent le regretté Georges "venu casser huit années dans ce trou, sous la fallacieuse entorse d'étudier l'arbre le plus vieux de la terre". Pendant ce temps, l'homme-monstre et l'homme-montre, suivis d'une triste colonne d'américasseurs, s'approchent.
Gerty Dambury
Avec Serge Abatucci, Philippe Calodat, Gilbert Laumord, Mariann Mathéus, Raymonde Palcy, Firmine Richard
"Je devais faire ce pas. Le simple pas qui me mènerait ailleurs, un peu plus loin de moi-même."
Les premires mots de la pièce sortis de la bouche de Fructueuse trace la voie de l'enquête et de la quête qu'elle entend mener pour essayer de cerner sa vérité.
Samuel Beckett
Avec Marius Yelodo, Georges M'Boussi, Katanga Mupey, Denis M'Punga, et en alternance Johnny Amisi, Nicolas Correa
J'ai le sentiment que l'identité, l'originalité, la spécificité, la richesse des quatre comédiens vont apporter une vision tout à fait particulière par rapport à la vision métaphysique, philosophique, plus ou moins abstraite, plus ou moins intellectuelle. Ce sera un Godot ancré dans le réel, dans le concret. Un Godot marqué par la joie de vivre malgré les souffrances, malgré les blessures, malgré les désespérances."
Alain Timar
Pierre Bourdieu
(tirée de "La misère du monde")
Avec Marcelle Basso, Foued Dekkiche, Stéphane Gallet, Michèle Laforest, Raymonde Palcy, Ivo Palec, Agnès Régolo, Jérôme Rigaut
Gao Xingjian
(Création programmée dans le cadre du Festival lN d'Avignon)
Avec Philippe Goudard, Thia Luong et Thérèse Roussel
L'histoire commence par une rupture. Une femme nous dit ne plus pouvoir souffrir l'homme avec qui elle vit ! De cette remise en question radicale découle un voyage dans son univers intime...
Trois acteurs pour une pièce qui se veut à la fois tragédie, comédie et farce : la comédienne dans le rôle de la femme, un clown dans les rôles de l'homme, du démon et du viellard et une danseuse interprétant les visions intérieures de cette femme. Confrontation sous forme d'enquête, de quête aussi et de recherche d'identité.
Miklos Hubay
Avec Sandor Keresztes et Ivo Palec
Un cul-de-basse-fosse quelque part dans le monde, matérialisé par une immense et lourde grille mobile qui sépare le plateau dans toute sa largeur. Ce dispoistif de verrouillage est accentué par une étrange mécanique faite de rouages, de poulies, de câbles et de contrepoids qui régulièrement se met en route, comme le cortège d'une misère quotidiennement recommencée. Tout ça nous plonge dans une sorte de cellule physique et mentale qui rappelle la réclusion absolue.
Deux hommes séjournent là-dedans à même le sol de terre grise. Depuis combien de tempos ? Nul ne sait. Sur le fronton de la prison pourrait fort bien figurer l'inscription de l'Enfer de Dante : "Toujours-Jamais", ils sont là depuis toujours, jamais ils n'en sortiront. Pourtant les deux détenus refusent de capituler. A l'enfermement carcéral, ils s'acharnent à opposer leur indépendance. L'un se tait, désespérément muet et indifférent. L'autre parle, parle sans relâche, à bateaux rompus pour trouer les murs clos de sa prison et faire la nique au mystérieux geolier qui garde les serrures des portes métalliques.
Il a un but, il veut s'évader. Alors que dans cet univers tous les possibles sont fermés il ne reste plus qu'à croire à l'impossible. Avec une ferme résolution, le bavard a décidé une fois pour toutes qu'il était heureux et libre : l'autosuggestion de la méthode Coué contre l'appareil pénitentière. Le combat est inégal et la situation devient cocasse, clownesque et burlesque. Car il a beau enjamber les grilles de son abominable quotidien son espèce d'apesanteur prophétique ne parvient pas toujours à terrasser les vieux démons du mal de vivre et ses ailes de génie y laissent quelques plumes. Il faut dire qu'il a à qui parler.
Evidemment certains signes ne trompent pas. On est bien face à un rideau de fer.
Hervé Royer
Fiction librement inspirée de "L'homme et l'enfnt" et de "Je... Ils" d'Arthur Adamov
Avec Brigitte Faure, Serge Maggiani, Isabelle Pichaud, Thérèse Roussel, Nicole Sigal
Ca commence au bord de l'eau... tout simplement. Sur un quai en bois, au bord d'une grande étendue d'eau, tôt le matin. Très tôt.
Lui, Arthur... K est venu se réfugier dans ce coin perdu, loin de la ville, au bout du monde, pour écrire ou tout au moins "continuer à essayer", à ce qu'il dit. Situation ordinaire pourrions-nous dire, mais lieu de tous les possibles.
A... K comme un rire tronqué. Tragi-comédie où il incarne l'anti-séduteur singulièrement attirant, l'anti-héros solitaire en quête perpétuelle de lui-même et du monde. Quatre femmes enfin confondues en une seule : unique, idéale, absolue réponse à tout... au moment où tout est en ruines.
Jean Genet
(Festival de Palerme)
Avec Franco Mazzi et Olivier Roustan
Peter Nadas
(Création programmée dans le cadre du Festival lN d'Avignon)
Avec Francine Bergé, Jérôme Rigaut
Et François Mechali - contrebasse, Jean-Michel Collet - Percussions
Un jeune homme rend visite à une vieille femme échouée dnas une modeste chambre. Il l'interroge sur son père qu'elle a connu dans des circonstances dramatiques. La femme, qui s'est promis de se donner la mort à la fin de son récit, livre par bribes des souvenirs difficiles à retrouver. Quels sont les liens qui unissent ces deux êtres ? Les nœuds de souffrance du passé se dénouent dans un jeu de cache-cache. Nadas a l'art de manipuler la langue et de fabriquer des personnages de façon à ce que la réalité reste complexe et compacte, et que rien ne soit jamais transparent. S'il fallait imaginer une ascendance à l'humour amer de Nadas, l'on trouverait Kafka ou Gombrowicz.
La vieille femme se prépare à la mort, le jeune homme à la vie. Un rapport trouble et troublant...
Eugène Ionesco
(tournée en Hongrie)
Avec Sandor Keresztes, Laszlo Földi, Krisztina Peremartoni, Béla Gados, Frigyes Barany, Andras Szigeti, Tünde Szabo, Eta Mathé, Antal Kocsis, Laszlo Hetey, Jozsef Lukacsi, Otto Stettner, Ilona Csorba, Marianna Matolcsi
Valère Novarina
(Création programmée dans le cadre du Festival lN d'Avignon)
Avec Fabien Béhar, Jean-Marie Blin, Sylvie Chenus, Michèle Laforest, Pietro Pizzuti, Agnès Regolo, Bernard Saint Omer, Nicole Sigal et Afida Tahri
A, B, C, D, E, F, Mme Bouche, Mr Boucot et le Docteur : neuf comédiens en verve se rejouent une satire sociale. Vision féroce, caustique des rouages absurdes de ce bas-monde, mais surtout incursion dans la mécalnique intéreure des êtres : "une descente dans l'usine dedans".
La marmite du corps bouillonne, la cohorte des mots et des sentiments déferle et emporte acteurs et spectateurs. En folie, en fureur, avec stupeur, la langue française se tord dans ses convulsions. Et vogue la galère, panique à bord, ça démolit ferme ! Rions, rions de nos travers, de nos malheurs : du trou nous sortons, par le trou nous parlons, sur le trou nous marchons, au trou nous pensons, au trou nous irons.
A.T.
Jean Genet
(Création programmée dans le cadre du Festival lN d'Avignon)
Avec Jean-Claude Jay et Philippe Olza
Un espace immense et noir. Un long fil d'acier tendu le traverse à mi-hauteur... Deux êtres à vivre sont là, devant moi : le funambule sur son fil et Jean au sol. Jean, est-ce Jean Genet lui-même ou Jean-Claude Jay le comédien ? Jean parle au funambule et lui adresse ses conseils pour évoluer sur le fil. "Tu entres et tu es seul", les dés sont jetés : le public est admis pour mieux montrer au funambule sa "solitude mortelle" et à Jean "son irréductible singularité"...
A.T.
Henri Michaux
(adaptation Alain Timar)
Avec Jean-Jacques Scheffer
Notes de mise en scène
Ne vous méprenez pas : je ne veux pas d'un spectacle Michaux supra-éthéré. Le personnage-écrivain ne sera pas sur scène et ne pensera pas devant vous, rassurez-vous ! Il vivra. Je voudrais arriver à "une création physiologique" où sensibilité et instinct du corps de l'acteur luttent avec son intelligence, où le spectateur reçoit les mots, les sons, les images comme une musique plus qu'une découverte intellectuelle.
Et le me rendormis, sourire aux lèvres, vertige dans la tête, surpris de penser à tout ça.
Il y a un acteur sur scène, et c'est effectivement dans le chemin du ou des doubles qu'il va de la révolte vers la "complétude"* (contempler + quiétude, bien sûr). Peut-être est-ce là l'itinéraire de Henri Michaux lui-même ? Dialogues du personnage avec lui-même, voix d'un même individu, "spécimen de l'éprouvé intérieur"*… Il faut ici une forme très intimiste, propre à la rêverie, créer une "atmosphère qui perdure"*.
A.T.
*citations de Henri Michaux
Vaclav Havel
(adaptation I. Palec et A. Timar)
Avec Marcelle Basso, Philippe Cousin, Brigitte Faure, Michèle Laforest, Dominique Péju, Serge Pauthe, Thérèse Roussel, Francis Sarthou
Dans cet écheveau de relations entre les personnages, Havel, la machine à spectacle, et le système qui nous submerge, qui commande vraiment ? Qui obéit, et pourquoi ?... Qui est enfin, dans ce jeu tragi-comique, le manipulateur suprême ?
A.T.
Samuel Beckett
Cette fois/Ohio Impromptu/ Fragment de Théâtre 2 /Acte sans paroles/Berceuse
Avec dans les rôles principaux Marcelle Basso et Michèle Laforest
"Paysages Intérieurs", univers de silence et d'étrangeté, brossé, esquissé dans les blans, cadré par la parole et par les gestes de personnages instinctifs, pathétiques et décalés... Enfance, âge adulte et viellesse d'une voix... (Cette fois) Dédoublement-fascination d'une identité face à sa propre histoire...(Ohio) Enquête pour réunir d'introuvables pièces à convictions sur la personnalité d'un homme...(Fragment) Manipulation des êtres et langage des choses... (Acte) Humour par excès de vie ou sensualité d'un aveu... (Berceuse) A toutes les étapes de ce Beckett-là, c'est la même vision démultipliée d'un être, homme ou femme, saisi dans sa bouleversante et irrédutible intimité.
Lucien Becker
Avec Noël Claude
Ces instants fracturés de la vie d'un homme et d'une femme, Timar les compose dans l'espace, un espace où se mouvoir, entrer, aller et venir. Ici, il faut franchir la porte et pénétrer dans l'histoire au gré ds mots et des sensations pour s'approprier l'espace. Laissez-vous regarder, scruter par ces personnages-miroirs pour, ainsi, entamer un dialogue qui n'appartiendra qu'à vous !...
Avec l'acteur/danseur Noël Claude, dans une grande complicité entre l'espace et le public, Alain Timar a cueilli le hasard, développant le travail entrepris à la création. Il l'attire vers les mots d'un désir sans légende, avec une voix et un corps si différent de celui d'un comédien...
Elie Wiesel
(Création programmée dans le cadre du Festival lN d'Avignon)
Mise en scène, scénographie : Alain Timar
Sculptures : Olivier Brice
Direction musicale : François Mechali
Avec Denis Gunzbourg (Abraham), Gérard Lester (Isaac), Eric Dod (Jacob), Bernard Koubi (Shlomo), Violeta Ferrer (récitante), Claude Chauvet (chanteuse soliste), Maurice Magnoni (saxes)(clarinette), Jean-François Canape (trompette)(bugle)(tabla) et François Mechali (contrebasse)
Ani Maamin, un chant perdu et retrouvé... un poème, une parabole, une légende, tout cela à la fois et plus encore. C'est aussi le chant que dans les ghettos et les camps, au royaume de la fureur, des juifs pieux et obstinés, au seuil de la mort, avaient choisi comme hymne. L'histoire... quand je pense à l'holocauste je ne peux m'empêcher de questionner : où était Dieu ? Que savait-il ? Que faisait-il ? Ces questions sont au coeur de l'histoire, avec ses charges d'espoir, d'ironie, d'humour, de joie malgré tout. L'histoire racontée, c'est celle d'Abraham, Isaac et Jacob qui, dans ces nuits de tourmente décident d'aller parler à Dieu de Son Peuple. Il lui décrivent ce qu'ils ont vu, afin de lui donner des arguments, de l'émouvoir, d'éveiller sa compassion et l'obliger à brise Son silence. Mais il choisit le silence... Les trois patriarches décident alors de repartir, de retrouver et vivre parmi les victimes d'en bas... Et plus que l'histoire... ANI MAAMIN, spécifique et universel à la fois, soumis et révolté, mystique et athé. Car je ne parle pas ici d'un Dieu strictement religieux, mais d'une notion plus vaste : chacun de nous peut y reconnaître cette soif, cette faim d'idéal, d'absolu qui fait qu'on n'admettra jamais les massacres perpétrés contre les juifs, les palestiniens, les arméniens, les cambodgiens... Pour une autre approche du théâtre... Correspondance étroite entre l'histoire et l'univers des "mutants" d'Olivier Brice. Je lui ai demandé d'en réaliser 100 pour le sepctacle, 100 sculptures, 100 personnages d'environ 1,70m, meurtris, pétris de matière, de silence, d'une sensualité exaspérée, avec ses côtés terre, ocre... et les comédiens, les chanteurs, les musiciens, les spectateurs intégrés dans cet univers. François Méchali a composé une musique moderne (voix et instruments), tendre, dynamique, mais toujours profondément humaine. Va et vient permanent, étrange équilibre que j'ai orchestré entre les différents éléments du spectacle, pour une autre approche du théâtre. Cela exige du spectateur une implication physique différente, une sensibilité plus intuitive, plus instinctive qu'intellectuelle.
Alain Timar
Samuel Beckett
Comédie/Cascando/Va et VientIPas moi
Avec Marcelle Basso, Luckie Brimont, Alain Colombani, Michèle Laforest, Emmanuel Le Quang Huy
De l'histoire de Maunu, frère de Molloy dans "Cascando", aux chuchotements des trois femmes de "Va et Vient ", qui jouent le jeu de la vie et de la mort, ... de cette bouche dans "Pas moi" qui raconte sa vie, ... aux trois peronnages de "Comédie" engoncés dans leur jarre... un Beckett très près de nous, authentique et sensible.
J'ai ressenti la nécessité de donner à ce spectacle sa pleine dimension plastique et l'association avec Olivier Brice (conception plastique) s'est faite naturellement : les côtés terre, ocre, un peu déchirés de ses sculptures, le traitement des corps enfouis dans le sable, émergeant du sable, des objets quotidiens drapés dans les tissus, comme pétrifiés dans la matière, et les acteurs traités, intégrés à cet univers... Univers de comédiens, de voix, de matière, de musique, que j'aimerais rendre évident.
Alain Timar
Jenny Szabo
Avec Michel Joyeaux, Laurette Paume, Marc Wéry
Et les voix de Michaël Lonsdale, Micheline Uzan, Franck Royon Le Mée, Michel de Maulne, Thérèse Roussel, Ophélie Orecchia, et du Roy'Hart Théatre, dirigé par Orlanda
Le Kauri, coquillage utulisé comme monnaie, ou comme parure, dans plusieurs sociétés primitives, revêt ici une valeur d'image. Chaque personnage - le Nicheur serein et magistral, le Jardinier élément du monde, la Femme dimension présente en tout être humain... - symbolise l'échange, la rencontre que le Voyageur, principal acteur de la pièce, fait avec lui-même à travers des épreuves, des "passages", la poursuite inéluctable du chemin. Le spectcale n'est pas traité de manière réaliste et pourtant , cet univers poétique-visuel et sonore reflète notre moi ou le monde social qui nous entoure. L'harmonie apparente du début s'organise, puis se destructure et se déchire dans une inexorable accélération. Les trois réalités solidaires de l'initiation sont explicitement en place : Le Chemin... Les Rtuels... La Révélation...
Marguerite Duras
Avec Laurette Paume et Pomme
Et les voix de Mireille Guerre, Florence Carrière, Clairette Dethier
Fin d'un monde, début d'un autre ? Dans cent ans peut-être, ou moins ou plus, après qu'un continent civilisé aura sauté sur lui-même, dans un désert retrouvé, deux femmes se rencontrent. A travers ce qui leur reste de la mémoire et des mots, elles regardent, écoutent, surveillent l'univers qui les entourent. L'une d'elles trimbale avec elle un "objet", un homme qu'elle veut jeter : le dernier guerrier sorti d'une "réserve à guerre"... D'une télévision détraquée surgit - encore - des images "d'avant le grand bouleversement"... Quand il ne reste plus rien d'une civilisation détruite, il reste encore quelques mots... pour les enfants plus tard.
Jean Tardieu
(adaptation Alain Timar)
8 pièces tirées de "Théâtre de chambre" et "Poèmes à jouer"
Mise en scène : Alain Timar
Conception graphique : Alain Grosajt
Manipulation : Monique Imbert, Laurette Paume, Clément Serguier
Avec les voix de Arlette Bach, Louis Castel, Olivier Clément, Alain Combe, Clairette Dhetier, César Gattégno, Denis Gunzburg, Bertrand Hurault, Colette Mallet, Lise Martel, Henri Moatti, Guy Racheter, Thérèse Roussel
Les huit pièces choisies, avec ce qu'elles comportent de comédie et de drame, se veulent aussi le prétexte à développer « un univers aux frontières du réel, un jeu de cache-cache, une aventure entre la forme et le texte . » A.T.
« J'avoue que ce spectacle a été une véritable révélation pour moi… Ces pièces ont été souvent jouées d'une manière tantôt originale, tantôt classique, mais j'ai trouvé cette fois-ci une transposition totale. (…) La présentation qu'a adoptée Timar met le texte très en vedette tout en le mariant intimement au jeu des personnages, à la peinture, à la musique très bien choisie d'Eric Satie…
L'ensemble est tout à fait extraordinaire . » Jean Tardieu
Fédérico Garcia Lorca
Mise en scène, conception graphique, enregistrement : Alain Timar
Manipulation et régie : Monique Imbert, Laurette Paume, Clément Serguier, Alain Timar
Musique improvisée et interprétée par Brigitte Travert - Violoncelle et Michel Dubédat - Violon
Avec les voix de :
Le jeune homme André Morel
Le vieux Olivier Clément
La dactylo Thérèse Roussel
L'ami Louis Castel
Le chat Mari-B Coiffard
Le domestique Louis Castel
La fiancée Arlette Bach
Le père André Benayoun
Le mannequin Clairette Dhetier, Angel Cervantès
Arlequin Gérard Vantagiolli
La jeune fille Thérèse Roussel
Le pierrot Claude Merceron
La femme masquée Gilda Pelissier
Les joueurs Henri Moatti
L'enfant Laurence Vaysse
Traduction de Marcelle Auclair / Traduction des poèmes par Michel Prévost
A partir d'une architecture abstraite où les formes animées – des marionnettes aux contours impalpables et intemporels – offrent le regard des miroirs à travers le temps, à l'intérieur de notre temps humain, Lorca dessine le vécu de ses personnages à partir des cinq sens.
Une mise en scène qui répond, selon le vœu d'Alain Timar, « à la nécessité de traduire à la fois l'abstraction des figures et des lieux, le changement rapide des plans et des temps, l'atmosphère imprégné de lyrisme. »
Avec : Jean-Pierre Courtault, Monique Imbert, Laurette Paume, Clément Serguier
Trygée, l'anti-héros, décide de partir sur son scarabée merdeux à la recherche de dieux mythologiques pour leur demander d'arrêter la guerre et la violence qui font rage sur terre. Revenu ici-bas, il se lance à la poursuite de la paix dans une course cocasse, tragique et désespérée, entraînant avec lui le chœur antique.
La Paix est une pièce parlée et chantée pour marionnettes, formes animées, manipulateurs et bande magnétique.
Eugène Ionesco
Manipulation : Laurette Paume, Clément Serguier et Alain Timar
Voix : Aline Bienvenu et Alain Timar
Isolés dans leur maison, coupés du monde extérieur, Amédée et Madeleine regardent impuissants grandir près d'eux un étrange cadavre... Atteint de la maladie incurable des morts, "la progression géométrique", il envahit peu à peu l'espace des vivants, rendant impossible les actions les plus simples : aller travailler, faire des commissions, ouvrir au acteur...
Les souvenirs et les remords de toute une vie rejaillissent : c'est à cause de LUI, cadavre symbole, mythe, fictif ou réel, image disloquée. Il faut absolument s'en débarrasser... ou s'en accommoder !
d'après Homère
(adaptation Alain Timar)
Avec : Jean-Pierre Courtault, Laurette Paume, Clément Serguier
Nous retrouvons l'Odyssée maritime d'Ulysse et de ses compagnons qui se traite cette fois-ci sous des formes animées. Alain Timar utilise « la marionnette comme technique théâtrale, mais une marionnette libérée de son contexte archaïque prise en tant qu'objet imaginaire. »
Ces figures, inspirées du profil de celles qu'on peut voir sur les vases grecs, peuvent être articulées ou garder leur fixité à l'intérieur du mouvement lent qui leur est insufflé.
Un travail minutieux puisque les trois manipulateurs doivent synchroniser leurs gestes à une bande magnétique enregistrée.
d'après Homère
Avec : Clément Serguier - acteur masqué et manipulation, Laurette Paume - manipulation
La guerre de Troie s'achève... Ulysse et ses compagnons désirent le retour à Ithaque. Mais les Dieux qui protégeaient Troie les poursuivent de leur haine et cherchent à les faire périr, les entraînant dans des aventures étranges et périlleuses, face aux Lotophages, au Cyclope, aux Sirènes, à Circé, à Eole, ...
Le spectacle reprend donc librement les évènements du voyage sous forme de tableaux et la représentation pourrait se définir comme une imagerie fantastique, poétique et animée.