Création 2006

Les Bonnes

Jean Genet

Les Bonnes © Manuel Pascual Les Bonnes © Manuel Pascual Les Bonnes © Manuel Pascual Les Bonnes © Manuel Pascual Les Bonnes © Manuel Pascual

«La juvénilité éternelle de Genet fait penser à un ange qui porterait sur son visage la férocité des fauves» écrivait Yukio Mishima. Toute l'œuvre de Genet n'est peut-être qu'une longue déclaration de guerre. Jamais il ne déposa les armes. Il demeura jusqu'au bout, envers et contre tous - et d'abord contre lui-même - dans ce lieu où la société l'avait, dès la naissance placé et qui est le lieu le plus solitaire et le plus peuplé de la terre : dehors. C'est pourquoi, sans doute, «peu d'œuvres sont aussi troublantes et dérangeantes que la sienne, aussi inconfortables pour les schémas de pensée habituels, aussi profondes et étrangement poétiques»

Extrait vidéo :

Jean Genet s'est sans doute inspiré du fameux crime des sœurs Papin pour écrire «Les Bonnes». Crime qui, en 33, fascine les foules et occupe la une des journaux. La revue Détective titre : «Deux anges ? Non ! Deux monstres qui, au Mans, arrachèrent les yeux de leur patronne. Orbites vides, crâne défoncé, mais vivante encore, la victime mourut après une atroce agonie.»

L'art de l'écrivain et le feu du poète transfigurent cette histoire en une métaphore dérangeante et fascinante de la vie et de la société…

Solange et Claire, deux sœurs, travaillent en tant que bonnes au service de Madame. Elles rêvent d'assassiner leur patronne. Chaque soir, elles répètent en secret la scène fatale, jouant à tour de rôle les trois personnages du drame. Mais elles n'arrivent pas à leur fin : Madame échappe au ‘tilleul empoisonné'. Dans une totale confusion mentale, Claire s'identifiant à Madame, le boit…avec la complicité meurtrière de Solange.

Une histoire d'amour et de haine à trois portée au paroxysme. Une intrigue en forme de cérémonie sacrificielle comme dans les tragédies antiques. Un rituel expiatoire qui exalte la position du martyr. Une atmosphère sacrée qui scande les paroles et imprègne les corps et les gestes. Une intrigue qui sème le doute, qui fait vaciller les limites entre le vrai et le faux, le juste et l'injuste, le bien et le mal, le beau et le laid, la réalité et le rêve, le vécu et l'imaginaire. Une intrigue où jeux de miroirs, faux semblants et trompe-l'œil bousculent notre esprit et fait exploser les valeurs et les codes communément admis. Ca brûle à l'intérieur comme à l'extérieur et ça nous brûle aussi. Comment, dans ces conditions, la machine théâtrale peut-elle débusquer la vérité des êtres ou des faits ou en percevoir ne serait-ce qu'un reflet ? Illusoire objectif certainement ! Le mieux étant de jeter le trouble, entretenir les ambiguïtés, les ambivalences, accuser l'inextricable complexité de la nature humaine et continuer à questionner ce mystère…jusqu'au vertige. Il faut rompre évidemment pour cela avec le réalisme du jeu. Genet parle de conte : certes, mais un conte philosophique et symbolique ancré dans un jeu charnel, psychique, fantasmatique, incisif et exacerbé.
A.T.

Quelques extraits de presse :

Le public qui remplit jusqu'au dernier rang la belle salle du Théâtre des Halles écoute, attentif, heureux de voir du théâtre, c'est-à-dire ravi d'être confronté aux passions servies par une langue superbe, qui transcende toute grossièreté, et interprétée par un trio de qualité. Marion Thébaud - Le Figaro

La très belle scénographie de Timar amplifie dans un éblouissant jeu de simulacre, ce rituel de sacre et de massacre. Danièle Carraz - La Provence.

Brillantes performances des comédiennes dans une mise en scène et une scénographie convaincantes d'Alain Timar... Une pièce à voir absolument. Georg J. Vigier - Kulturnetz - Allemagne

Timar s'appuie sur trois actrices de talent. Bruno Alberro - Vaucluse Matin

Chez Timar les bonnes résonnent de bonheur. Bonheur dans la fluidité de l'espace, de la scénographie. On peut louer aussi les comédiennes : elles sont lumineuses. Jacques Barbarin - Le Patriote

Un vrai moment de théâtre au noir que les trois comédiennes servent avec une intensité explosive. Fabien Bonnieux - Vaucluse l'Hebdo

Les spectateurs enthousiastes sont encore, disent-ils, habités par cette intrigue en forme de tragédie antique. Midi Libre L'ensemble est transcendé par un éblouissant trio d'actrices. Henry Lépine - La Marseillaise

Avec : Marcelle Basso, Alexandra Castellon / Odile Grosset-Grange, Lisa Pajon

Mise en scène, scénographie : Alain Timar

Lumière, décor : Stanislas Pierre

Image, son : Hugues LeChevrel

Costumes : Angélique Duchene
Maquillage : Edith Arnaud
Construction du décor :
Théâtre des Halles

Décor floral & accessoires : Elizabeth Baumard

Production : Théâtre des Halles

Avec l'aide : du Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC PACA), du Conseil Régional PACA, du Conseil Général de Vaucluse, de la Ville d'Avignon.