Créations 2019 – Pour Bobby et À plein gaz

Disponible en tournée
Prochaines dates : du 5 au 28 juillet 2019

Durée 1h

 

Pour Bobby et À plein gaz de Serge Valletti, mise en scène et scénographie d’Alain Timár : présentation et extraits des spectacles en présence de l’auteur.

Un avant-goût des deux prochaines créations qui permettra aux abonnés du Théâtre des Halles et aux professionnels de partager un moment privilégié avant la découverte des spectacles à l’occasion du Festival d’Avignon 2019 ainsi que l’ensemble de la manifestation consacré à Serge Valletti.

« J’écris comme j’ai l’impression que l’on parle dans la vie, avec toutes les digressions par lesquelles on passe, toutes les parenthèses que l’on ouvre sans parfois les refermer.

Une histoire en amène toujours une autre : je tire le fil de l’imaginaire et laisse les choses venir naturellement . » Serge Valletti

Textes de Serge Valletti

Mise en scène, scénographie Alain Timár

Création lumière Richard Rozenbaum Musique originale Quentin Bonami et Richard Rozenbaum Arrangements Quentin Bonami construction décors Éric Gil costumes Laurette Paume

Avec Charlotte Adrien (Pour Bobby) et Nicolas Gény (À plein gaz)

Textes publiés aux Éditions L’Atalante


POUR BOBBY

Extrait :

Je peux aussi, si vous voulez, trier les enveloppes… Ça, je sais le faire : on regarde l’adresse et puis le numéro, et je classe par numéro ; 36 : Indre-et-Loire, ou 37, enfin ; 13 : Bouches-du-Rhône, etc., etc. Je peux le faire.

Ou alors simplement les ouvrir avec un ouvre-enveloppe, délicatement. Et puis quelqu’un d’autre les classe. Par numéro.

Ou alors les vitres, je nettoie les vitres, j’arrose les plantes, ou alors je reste là sans rien dire ! Je peux le faire, ça aussi…

Regardez… là j’ai rien dit… Je peux même le faire encore plus longtemps… Ça sert pas à grand-chose, mais admettons que vous voudriez quelqu’un qui ne dise rien, je peux le faire…

Qu’est-ce que je peux faire encore ? Plein, plein de choses…

Pas chanter, ça non, je sais pas chanter…

Mais enfin, d’autres choses, plein, à part chanter…

Et il y en a…

La course à pied par exemple… Là, je peux pas vraiment le faire parce que ce n’est pas pratique, mais dehors, on sort dehors, je vous le fais…

Course à pied, et marche aussi, en se dandinant, on voit que le popotin qui va à droite et à gauche, je peux le faire, suffit de prévoir assez de Stérilux pour les ampoules, parce que je le dis pas, les ampoules que ça vous fout, la marche... “.


À PLEIN GAZ

Extrait :

«  On progresse, on naît, on va à l’école, on croit ce que les gens vous disent, on rencontre une jeune fille, je parle pour moi, ça peut-être un garçon… On se met à aimer ! On est confiant et amoureux. On se dit qu’ensemble on va faire de grandes choses, en tout cas qu’on va pouvoir atteindre quelque chose qu’on n’a pas encore.

Le bonheur…

On s’établit… Alors on fait, on commence à faire, on devient faiseur. Faiseur de ceci ou bien faiseur de cela.

Si on a appris à faire des chaises, on devient faiseur de chaises.

Si on a appris à faire des cambriolages, on devient cambrioleur.

Ou banquier.

C’est pareil ! Vous me croyez pas ? Je vous dis que c’est pareil ! Je le sais, j’étais comme vous, avant. Confiant !

Faut pas être confiant ! Y en a, des fois, ils deviennent ouvriers.

Ils se disent : Je vais travailler et on va me donner en échange de l’argent, c’est ça ouvrier.

Ou patron ! Y en a, ils deviennent patrons !

Ils se disent presque la même chose que les ouvriers, mais c’est pas dans le même ordre : c’est genre je vais les faire travailler et en échange je vais leur donner de l’argent.

Pourquoi ils donnent de l’argent ? Pour le bonheur ! Huit heures de travail contre un peu de bonheur. C’est une relation qui est basée sur l’échange du bonheur.

Je vais vous dire : ce qui nous tue, tous, c’est la recherche de ce bonheur qu’on n’atteint jamais. Voilà ! 

 


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CONTACT TOURNÉE 

Alexandra Timár
alexandratimar@theatredeshalles.com