Parcours d’Alain Timár

Metteur en scène, scénographe et plasticien

Après des études supérieures en France et un parcours dans diverses compagnies théâtrales, Alain Timár décide de s’installer à Avignon où il fonde le Théâtre des Halles qu’il dirige et anime depuis 1983. Il poursuit conjointement un travail de metteur en scène, de scénographe et de plasticien.

À ce jour, il a signé plus de 50 mises en scène en France et à l’étranger, ainsi que de nombreuses expositions et installations.

Des années d’un parcours singulier, patient et obstiné, balisé à chaque printemps par de nouvelles créations, par la découverte stimulante d’un nouvel écrivain ou la redécouverte d’un auteur de référence.

C’est lui qui, bien avant qu’il n’obtienne le Prix Nobel de Littérature, a révélé l’univers onirique de Gao Xingjian ou défendu des auteurs comme Vaclav Havel ou Valère Novarina. Ses choix artistiques témoignent d’une propension constante à s’ouvrir aux autres cultures. Cette curiosité insatiable et vigilante, ce nomadisme intellectuel et sensible, c’est à ses origines qu’il le doit : juives (Hongrie du côté paternel, Espagne et Algérie du côté maternel) et à sa double formation (littéraire et plastique).

Ses créations sont en effet littéralement inspirées et portées par cette richesse pluriculturelle, tout à la fois innée et acquise. Il se définit d’ailleurs volontiers comme « un être cosmopolite qui aime à transgresser les barrières et abolir les frontières factices ou réelles ».

Il est l’un des rares metteurs en scène français invité à l’étranger à oser aborder la langue de l’autre dans des mises en scène puissantes et souvent novatrices qui sont autant d’illustrations de son ouverture au monde et de son écoute empathique : Rhinocéros d’ Eugène Ionesco à Budapest ou  Les chaises en anglais à Washington, Le funambule de Jean Genet en italien au Festival de Palerme, Babel Taxi de Mohamed Kacimi, production franco-américaine en douze langues et une équipe internationale, ou encore En attendant Godot de Samuel Beckett en tagalog à Manille aux Philippines et recemment Ubu Roi d’Alfred Jarry en hongrois.

Alain Timár multiplie les échanges artistiques, dernièrement invité pour une commande de mise en scène, Tous contre tous d’Arthur Adamov (2016), à l’Université nationale des Arts de Corée ou encore pour réaliser des master class ou conférences sur le théâtre contemporain, recemment à Wuhan en Chine (2016). Depuis des années, il travaille à l’international et se définit d’ailleurs volontiers comme « un être cosmopolite qui aime à transgresser les barrières et abolir les frontières factices ou réelles ».

Si ses mises en scène sont pour le spectateur autant d’invitations aux voyages : dans le temps (La grande roue de Vaclav Havel), dans l’histoire tragique et la mémoire douloureuse (Le livre de ma mère ou Ô vous, frères humains d’Albert Cohen), la réalité sociale et l’exploitation économique (Signes particuliers tiré de La misère du monde de Pierre Bourdieu), la misère morale et la solitude (Rencontre de Peter Nadas ou Au bord de la vie de Gao Xingjian), elles se présentent également comme des moments intenses et jubilatoires d’interrogation, de réflexion et de remise en cause.
Par ses scénographies rigoureusement élaborées où le clown caustique rencontre le musicien, où la toile peinte se transforme en une étrange sculpture, où la lumière découpe savamment des univers ludiques et oniriques, Alain Timár maintient constamment en éveil le spectateur, tout à la fois intrigué et happé par l’univers qui se construit devant lui mais dont il n’aura la clé qu’à la fin de la représentation.

L’émotion affleure souvent, déborde parfois, conséquence à la fois logique et aléatoire d’une construction esthétique rigoureuse incarnée par le corps omniprésent des acteurs.

Mariant méthodiquement le conceptuel et le sensuel, le personnel et l’universel, l’introspection intime et la vision politique, celle du citoyen engagé, Alain Timár continue de faire entendre une voix originale et singulière dans la création théâtrale française.

Il a été nommé :

  • Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres (14),
  • Chevalier dans l’Ordre National du Mérite (08),
  • Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres (03),
  • Pro Cultura Hungarica (90).

 

SES MISES EN SCÈNE & CRÉATIONS

17 : Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès

16 : Tous contre tous d’Arthur Adamov

16 : Les bêtes de Charif Ghattas

15 : Pédagogies de l’échec de Pierre Notte

14 : Le temps suspendu de Thuram de Véronique Kanor (L’Artchipel – Scène Nationale de Guadeloupe)

14 : Ô vous frères humains d’Albert Cohen (adaptation Danielle Paume)

14 : Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco (création en chinois – Shanghai Theatre Academy)

13 : Blanche Aurore Céleste de Noëlle Renaude

12 : Bonheur titre provisoire d’après Robert Misrahi

12 :  Ma Marseillaise de Darina Al Joundi

12 : Exit the King d’Eugène Ionesco (création en anglais – Lasalle College for the Arts de Singapour)

11 : Übü Király d’Alfred Jarry (création en hongrois – Théâtre National Hongrois de Cluj)

10 : Rhinocéros d’Eugène Ionesco (création en cantonnais – Hong-Kong Academy for  Performing Arts)

10 : Simples mortels de Philippe de la Genardière

10 : Rhinocéros  d’Eugène Ionesco (création en coréen – Festivals Séoul – Avignon)

09 : Une voix sous la cendre de Zalmen Gradowsky

08 : Je veux qu’on me parle de Louis Calaferte

07 : Ubu roi d’Alfred Jarry

07 : Le jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi

06 : En attendant Godot de Samuel Beckett (création en tagalog – représentations à Manille)

06 : Les Bonnes de Jean Genet

05 : The chairs d’Eugène Ionesco (création en américain – Round House Theater – Washington  DC)

05 : Fin de Partie de Samuel Beckett

05 : Regarde les femmes passer de Yves Reynaud

04 : Babel Taxi de Mohamed Kacimi

03 : Le livre de ma mère d’Albert Cohen

02 : Pour Louis de Funès ** de Valère Novarina

02 : Les chaises ** d’Eugène Ionesco

01 : Au bord de la vie ** de Gao Xingjian

00 : Le procès * de Franz Kafka (adaptation David Zane Mairowitz)

99 : Le funambule de Jean Genet

99 : Le somnambule de Gao Xingjian

98 : Inventaire d’une mélancolie de Patrick Chamoiseau (adaptation Danielle Paume)

97 : Ô vous, frères humains d’Albert Cohen (adaptation Danielle Paume)

97 : Monologues d’or et noces d’argent de Sony Labou Tansi

96 : Lettres indiennes de Gerty Dambury

95 : En attendant Godot de Samuel Beckett

94 : Signes particuliers de Pierre Bourdieu (tirée de La misère du monde)

93 : Au bord de la vie *  de Gao Xingjian

92 : L’école des génies de Miklos Hubay

91 : Arthur K de Hervé Royer

91 : Il funambulo de Jean Genet (création en italien – Festival de Palerme)

90 : Rencontre * de Peter Nadas

89 : Rhinocéros d’Eugène Ionesco (création en hongrois – tournée Hongrie)

89 : L’atelier volant * de Valère Novarina

88 : Le funambule * de Jean Genet

88 : Hors limites de Henri Michaux (adaptation Alain Timár)

87 : La grande roue de Vaclav HaveI (adaptation Ivo Palec et  Alain Timár)

86 : Paysages intérieurs de Samuel Beckett Cette fois/ Ohio Impromptu! Fragments de Théâtre 2 /Acte sans paroles/Berceuse

84 : Ani Maamin *  d’Elie Wiesel

83 : Histoire encore de Samuel Beckett Comédie/Casandra/Va et Vient/Pas moi

82 : Le Cauris de Jenny Szabo

81 : Yes peut-être de Marguerite Duras

80 : Tardieu X 8 de Jean Tardieu (adaptation Alain Timár)

79 : Lorsque 5 ans seront passés de Federico Garcia Lorca

78 : La paix  dAristophane

77 : Amédée ou comment s’en débarrasser d’Eugène Ionesco

76 et 75 : Ulysse d’après Homère (adaptation Alain Timár)

 

* Créations programmées dans le cadre du Festival lN d’Avignon

**  Créations programmées en partenariat avec le Festival d’Avignon

 

 

SES EXPOSITIONS & INSTALLATIONS

14 : L’Art en Vigne Pertuis

14 : Théâtre des HallesAvignon

13 : Parcours de l’artAvignon

13 : Théâtre des HallesAvignon

09 : Théâtre des HallesAvignon

08 : Théâtre des Halles – Avignon 

07 : Théâtre des HallesAvignon

06 : Théâtre des HallesAvignon

05 : Théâtre des Halles – Avignon                                         

02 : Galerie L. HinnekensKortrijk / Belgique                                             

01 : Galerie L. Hinneken – Kortrijk / Belgique

00 : Galerie L. Hinnekens  – Kortrijk / Belgique

99 : Galerie Marc De Geeter – Blankengerge / Belgique                                                        

98 : Galerie Vanmeemen – Gand / Belgique – Salon Lineart

97 : Galerie Art Box – Waregem – Belgique

96 : Galerie Art Box –  Waregem – Belgique   

95 : Installation – Kortrijk / Belgique – Salon Classic

95 : Installation – Bourges – Maison de la Culture

91 : InstallationKortrijk / Belgique – Salon Classic                                               

91 : Installation de rue –  Troyes – Salon Novator                                   

90 : Hommage à Franz KafkaParis – SAD Grand Palais

90 : LibertéParis – SAD Grand Palais

89 : Eh ! les morts réveillez-vousAvignon – Péristyle de la Mairie

85 : Brisure – Théâtre des Halles Avignon           

 

[ENGLISH]

After university studies in France and extensive travels with diverse theater companies throughout the world, Alain Timár decided to move to Avignon, where in 1983 he established the Théâtre des Halles, Director since its inception, Timár continues as the driving force behind the theater company, where he pursues his passions equally as artistic director, stage designer and visual artist. To date, he has staged more than 50 theater productions as well as countless exhibitions.

 Many years spent on a single path, patient and persistent, marking the arrival of each spring with new creations… inspired by the stimulating discovery of a new writer, or the rediscovery of an established author…

That was Timár who revealed the dreamlike universe of Gao Xingjian, long before the Chinese writer received the Nobel Prize in Literature, or defended authors like Vaclav Havel and Valère Novarina. Timar’s artistic choices demonstrate a relentless desire to engage other cultures. This insatiable curiosity – a nomadism both intellectual and emotional – is due not only to his twin interests in literature and visual arts but also to his multicultural origins: Timár’s Jewish roots spring from Hungary on his paternal side, passing through Spain and Algeria on his maternal side.

His creations are indeed literally inspired and driven by this multicultural richness, both innate and acquired. Elsewhere Timár has defined himself as “a cosmopolitan who likes to break down barriers and eliminate boundaries both real and artificial.”

He is one of the rare French directors invited abroad to dare grapple with the language of another in powerful and often innovative theater productions that also serve as illustrations of his openness and empathetic rendering of the world: Eugene Ionesco’s “Rhinoceros” presented in Hungarian in Budapest; “The Chairs” in English in Washington, D.C.; Jean Genet’s  “The Tightrope Walker” (Le funambule)  in Italian at the Palermo Festival; Mohamed Kacimi’s “Babel Taxi”, a Franco-American production presented in twelve languages by an  international cast; and recently, Samuel Beckett’s “Waiting for Godot” presented in the Philippine Tagalog language in Manila.

 If his stage direction is an invitation to the spectator to be transported elsewhere – transported in time (Vaclav Have’s “The Beggar’s Opera”), transported through tragic stories and painful memories (Albert Cohen’s “Book of my Mother” and “Oh Humans, My Brothers”), transported to the social realities of economic exploitation (“Signes particuliers” adapted from Pierre Bourdieu’s “La misère du monde”), and transported toward solitude and moral misery (Peter Nadas “Rencontre” or Gao Xingjian’s “Between Life and Death”) – Timár’s productions also offer intense and exhilarating moments of reflection and introspection.

Trough his meticulously crafted stage designs – where a caustic clown meets a musician, where a painted canvas turns into a strange sculpture, where the light creates playful, dreamlike worlds – Timár keeps the audience constantly on guard, intrigued and captivated by the universe which being constructed in front of them – but for which they will have the key only at the end of the performance.

Emotions rising to the surface and sometimes overflowing… These are the result, whether by design or by hazard, of a rigorous aesthetic creation, a creation incarnated by the very actors themselves.

Methodically combining the sensual and the conceptual, the personal and the universal, an intimate introspection and the political vision of a citizen engaged, Alain Timár continues to be an original and distinctive voice in French theatrical creation.

He has been named :

  • Knight of the French National Order of Merit (2008)
  • Knight of the French Order of Arts and Letters (2003)
  • Pro Cultura Hungarica (1990)