Valletti Circus

Extraits des spectacles en avant-première du Festival

Jeudi 25 AVRIL à 19H*

Durée 1h

Je réserve ma place

« J’écris comme j’ai l’impression que l’on parle dans la vie, avec toutes les digressions par lesquelles on passe, toutes les parenthèses que l’on ouvre sans parfois les refermer.

Une histoire en amène toujours une autre : je tire le fil de l’imaginaire et laisse les choses venir naturellement . » Serge Valletti

Mise en espace dirigée par Alain Timár

Avec Charlotte Adrien (Pour Bobby) et Nicolas Gény (À plein gaz)

Textes publiés aux Éditions L’Atalante


POUR BOBBY

Extrait :

Je peux aussi, si vous voulez, trier les enveloppes… Ça, je sais le faire : on regarde l’adresse et puis le numéro, et je classe par numéro ; 36 : Indre-et-Loire, ou 37, enfin ; 13 : Bouches-du-Rhône, etc., etc. Je peux le faire.

Ou alors simplement les ouvrir avec un ouvre-enveloppe, délicatement. Et puis quelqu’un d’autre les classe. Par numéro.

Ou alors les vitres, je nettoie les vitres, j’arrose les plantes, ou alors je reste là sans rien dire ! Je peux le faire, ça aussi…

Regardez… là j’ai rien dit… Je peux même le faire encore plus longtemps… Ça sert pas à grand-chose, mais admettons que vous voudriez quelqu’un qui ne dise rien, je peux le faire…

Qu’est-ce que je peux faire encore ? Plein, plein de choses…

Pas chanter, ça non, je sais pas chanter…

Mais enfin, d’autres choses, plein, à part chanter…

Et il y en a…

La course à pied par exemple… Là, je peux pas vraiment le faire parce que ce n’est pas pratique, mais dehors, on sort dehors, je vous le fais…

Course à pied, et marche aussi, en se dandinant, on voit que le popotin qui va à droite et à gauche, je peux le faire, suffit de prévoir assez de Stérilux pour les ampoules, parce que je le dis pas, les ampoules que ça vous fout, la marche... “.


À PLEIN GAZ

Extrait :

«  On progresse, on naît, on va à l’école, on croit ce que les gens vous disent, on rencontre une jeune fille, je parle pour moi, ça peut-être un garçon… On se met à aimer ! On est confiant et amoureux. On se dit qu’ensemble on va faire de grandes choses, en tout cas qu’on va pouvoir atteindre quelque chose qu’on n’a pas encore.

Le bonheur…

On s’établit… Alors on fait, on commence à faire, on devient faiseur. Faiseur de ceci ou bien faiseur de cela.

Si on a appris à faire des chaises, on devient faiseur de chaises.

Si on a appris à faire des cambriolages, on devient cambrioleur.

Ou banquier.

C’est pareil ! Vous me croyez pas ? Je vous dis que c’est pareil ! Je le sais, j’étais comme vous, avant. Confiant !

Faut pas être confiant ! Y en a, des fois, ils deviennent ouvriers.

Ils se disent : Je vais travailler et on va me donner en échange de l’argent, c’est ça ouvrier.

Ou patron ! Y en a, ils deviennent patrons !

Ils se disent presque la même chose que les ouvriers, mais c’est pas dans le même ordre : c’est genre je vais les faire travailler et en échange je vais leur donner de l’argent.

Pourquoi ils donnent de l’argent ? Pour le bonheur ! Huit heures de travail contre un peu de bonheur. C’est une relation qui est basée sur l’échange du bonheur.

Je vais vous dire : ce qui nous tue, tous, c’est la recherche de ce bonheur qu’on n’atteint jamais. Voilà ! 


* Événement initialement prévu, jeudi 25 avril à 19H: Lecture « L’installation de la peur »  de  Rui Zink (lecture annulée et reportée à une date ultérieure / Plus d’informations : 04 90 85 02 38)